COUP DE TORCHON

B. Tavernier

I-Présentation du film

 Le réalisateur de ce film , Bertrand Tavernier, est né en 1941 à Lyon .Il a réalisé Coup de torchon en 1981. Il a également réalisé :  

                                -L'horloger de Saint -Paul en 1974 

                           -Que la fête commence en 1975

                        -Le juge et l'assassin en 1976

                                     -Un dimanche à la campagne en 1984

                   -Capitaine Konan en1996

                 -Laissez-passer en 2002

C'est un actif défenseur du droit d'auteur en matière de cinéma et se bat pour la redécouverte des scénaristes oubliés.

"Coup de torchon" est l'adaptation de l'oeuvre de Jim Thompson , "Pop1290" (1275 âmes).

Ce film de Bertrand Tavernier raconte l'histoire de Lucien Cordier, unique policier d'une petite bourgade africaine, est un être très faible. Sa femme le trompe, les proxénètes le provoquent ouvertement, le représentant de l'ordre est la risée du village. Rabroué par son supérieur, Lucien entre dans une folie meurtrière...

                                                

II-Etude de quatre scènes

a) Scène du fleuve

Lucien Cordier dort sous un arbre, deux européens tirent avec leur fusil sur des noirs déjà morts dans le fleuve, réveillant Cordier. En fait, c'est leur dernière demeure ; après une sépulture ils ont été jetés dans le fleuve. "On les a confié à la rivière, après une cérémonie qui est une sorte d'enterrement". Les deux européens sont racistes, ils tirent sur les cadavres en tenant des propos racistes. Cordier est un chef de police d'un petit village défendant la cause des noirs mais il se plie à la force des européens.

Ce film critique la façon dont les blancs traitent les noirs.

             b) Scène de la ville et du père Bugeaud

Le père Bugeaud (1784-1849) était un maréchal de France durant la guerre d'Espagne sous Napoléon 1er. Les recueils de ses écrits militaires ont été publiés en 1883.

On peut remarquer dans la ville une gare, des voitures, des calèches traînées par des chevaux, de grands hôtels, des chiens et des affiches de propagande. Les personnages que l'on peut apercevoir sont Cordier et des "Macabées". Deux "Macabées" font sauter une fillette blanche à la corde: les noirs sont au service des blancs. Ceci reflétant parfaitement la colonisation. On entend du jazz, musique de l'époque durant laquelle se déroule le film.

Cinq noirs avec une charrette portent un corbillard ; il s'agit d'une cérémonie d'enterrement. On remarque qu'un africain rend un dernier hommage au défunt en enlevant son chapeau afin de le saluer ; en revanche Cordier n'agit pas de la même façon et reste indécis : il hésite à enlever son chapeau... L'africain suivant le corbillard ne jette aucun coup d'oeil aux deux européens, ses yeux sont rivés sur le mort.

  Cordier entre dans le bar "père Bugeaud". Cordier rejoint le billard afin de rencontrer deux amis ; à l'arrière plan on aperçoit une statuette africaine représentant le pays colonisé, et un tableau de Paris représentant le pays colonisateur. Les deux amis en question tiennent un discours raciste caractéristique  de l'époque : "les nègres n'ont pas d'âme, c'est pas des gens". De même, l'un d'eux dit: "quand on parle d'eux, on dit pas des gens on dit des nègres". On peut remarquer qu'il n'y a pas d'africains dans ce bar, c'est un bar pour les européens ; il n'est pas ouvert aux africains.                               

       c) Scène du train    

  

Cordier rencontre une femme blanche, une institutrice qui part enseigner son savoir à des enfants noirs. Une querelle débute entre eux deux lorsque Cordier lui dit : "les petits noirs, en les éduquant, pourront lire le nom de leur père inscrit sur les monuments aux morts". En effet, beaucoup d'africains sont morts pour la France sans savoir un mot de Français. C'est ce message que veut nous faire passer le réalisateur du film "Coup de torchon".

Tavernier critique les pratiques européennes en matière de colonisation, il dénonce la violence envers les colonisés, c'est pourquoi ce film est engagé. Il met parfaitement en scène la façon dont les pays colonisateurs traitait les autres peuples : ils ne considéraient pas ces peuples comme des êtres humains mais plutôt comme des esclaves. Une contradiction apparaît dans ce film : en effet Cordier est un européen qui souhaite la paix et une bonne entente entre ces deux peuples.

 

Benoît Courtoux

Florentin Aubert

Damien Coupé

 

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