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Diane était la déesse des sources et de la Lune, d’où viennent toute les eaux. Elle fait donc partie des innombrables dieux des fleuves, des mers, des océans, de la pluie et des rivières, c’est-à-dire de ceux qui incarnent l’eau chez les Romain et les Grecs. Une eau qui joue un rôle primordial : la Terre flotte sur cette eau qui la " porte " comme elle porte et anime toute chose. A la fois origine et terme de tout ce qui vient à l’existence, l’eau est au sens propre le divin, un divin présent en chaque partie de ce grand vivant qu’est l’univers, en réglant toutes les transformations, sans jamais en subir lui-même. Produisant, gouvernant, enveloppant la totalité de l’être, l’eau concentre en elle-même à la fois le pouvoir des entités primordiales (Gaïa, Oukeanos) et celui des dieux ( Zeus)* . La légende rapportée par Ovide lui prête deux rôles bien distincts . Elle est dans un premier temps comparée à la rosée et qualifiée de pure, limpide. Elle régénère et purifie : Diane, fatiguée par la chasse, aime s’y délasser. Mais Diane l’utilise aussi comme une arme : n’ayant rien d’autre sous la main, elle en asperge le visage du curieux qui aussitôt se métamorphose en cerf et sera dévoré par ses propres chiens. Ici, elle donne indirectement la mort et le malheur. *d’après Jean-Pierre Vernant, Mythes et pensées chez les Grecs, -LD/Fondations
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Diane est identifiée par les Romains à l’Artémis grecque. Elle semble avoir été une déesse de la nature, des montagnes et des bois. L’Artémis hellénique proprement dite est une déesse lunaire. Elle est fille de Zeus et de Léto et sœur d’Apollon, dont elle est l’équivalent féminin. Elle est escortée par les Muses, les Charites (déesses de la grâce) ou les Nymphes. Elle est, par excellence, la déesse des femmes, surtout des vierges. Elle se plaît aux champs, dans les bois et près des sources ; elle aime la chasse, et poursuit les bêtes fauves dans les fourrés. Ses attributs favoris sont l’arc, les flèches, le carquois ou encore la torche et le croissant. Elle est donc pour les Grecs et plus tard pour les Romains la déesse de la lune, des bois, des vierges, de la chasse et du chant. La signification du mot Artémis est incertaine : peut –être " puissamment bâtie " de artemes, ou bien vient-il de la syllabe thermis qui signifie " eau " (la Lune était considérée comme la source de toutes les eaux).
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Dans le " Bain de
Diane ",extrait des Métamorphoses, Ovide nous dévoile les
traits de caractère de Diane, une jeune déesse née de Jupiter et de
Latone, qui en contre partie de ne jamais se marier, est devenue la
déesse de la chasteté et de la virginité, car elle a horreur du
regard des hommes ; de plus elle est la déesse de la chasse. Or
Actéon survient poussé par le destin alors qu’elle prenait son
bain : l’interdit a été transgressé…Le châtiment est
imminent…
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OVIDE (métamorphoses)
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Site Internet : http://www.gmu.edu/departments/fld/CLASSICS/ovid.met3.html
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Extrait d’Actéon : le bain de Diane. Sur la droite chante une source, une onde claire dans un large bassin bordé de gazon. C’est là que la déesse des forêts, fatiguée par la chasse, avait coutume d’arroser ses membres virginaux d’une rosée limpide. Après s’être approchée, elle confia à l’une des nymphes, chargée de porter ses armes, son javelot, son carquois et ses arcs détendus ; une autre amena ses bras sous le manteau qu’elle enlevait, et les deux dénouèrent les liens de ses sandales ; Crocale, fille de l’Ismenis, en réalité plus savante que celles-ci, rassembla en un chignon ses cheveux épars au moyen de brindilles, alors que les siens flottaient, impudiques. Nephele, Hyale, Rhanis, Psecas et Phiale recueillirent l’eau et la versèrent de leurs larges urnes. Pendant que la fille du Titan était baignée de ces flots, suivant la coutume, le petit-fils de Cadmus, promenant ses pas à travers la forêt inconnue, parvint au bois sacré .[….]Alors qu’ il entrait dans la grotte aux sources, les nymphes, comme elles étaient vues nues par un homme, se mirent à se frapper la poitrine, emplirent le bois de leurs cris et cachèrent Diane de leurs corps ; mais la déesse est plus grande qu’elles et les dépasse toutes du cou. Comme les nuages frappés de face par le soleil ou l’aurore colorée de pourpre, ainsi fut le visage de Diane vue sans ses vêtements. Bien qu’encerclée par la foule de ses compagnes, elle se tint sur le côté et rejeta son profil en arrière. Elle aurait aimé avoir ses flèches à portée de mains ; elle prit ce qu’elle avait, de l’eau, la jeta au visage du jeune homme et prononça ces mots, qui annonçaient un malheur futur :
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FONS SONAT A DEXTRA ,tenui perlucidus unda, margine gramineo patulos succinctus hiatus. Cette mosaïque de la" Maison de Vénus " à Volubilis, représente Diane lors de son bain . Nous pouvons voir les Nymphes qui se précipitent pour recouvrir la nudité de leur déesse d’un voile car celle-ci vient d'être dérangée par l’arrivée d’un jeune homme, Actéon, qui n’aurait jamais dû la voir dans cette situation. Nous apercevons le carquois et l’arc de Diane se trouvant sur un arbre situé derrière celle-ci. Le cheval en or qui se trouve au-dessus de la fontaine est Pégase, cheval ailé, né du sang de Méduse, lorsque Persée lui eut coupé la tête. Celui-ci, d’un coup de pied, fit sortir de la montagne de l’Hélion la fontaine de l’Hippocrène. Le cheval est représenté ici en ce lieu car c’est lui qui fait naître les sources.
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" quas habuit sic hausit aquas vultumque virilem perfudit spargensque comas ultricibus undis. "
Dans ce tableau Diane prend son bain en compagnie de ses nymphes lorsque Actéon surgit devant elles le mouvement de panique est très sensible dans l'attitude des nymphes. Derrière Diane reconnaissable au croissant lunaire qui orne sa chevelure une nymphe ordonne à deux autres de s'emparer d'un voile afin de cacher la nudité de la déesse. Pour éloigner l'intrus Diane s'apprête à puiser de l'eau et la jeter à la figure d'Actéon et déjà la métamorphose s'opère : des bois de cerf croissent sur son front.
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"NUNC TIBI ME POSITO VISAM VELAMINE NARRES, SIT POTERIS NARRARE, LICET ! "
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Copyright Louvre.edu1999
Dans ce tableau de Francesco Albane, la visite inattendue d’Actéon bouleverse un moment privilégié de la journée de Diane et de ses nymphes. On sent un mouvement de panique chez les nymphes, certaines essaient de se cacher, tandis que trois d’entre elles s’emparent d’un voile afin de recouvrir le corps nu de la déesse. Cependant, pendant que les nymphes s’affairent, Diane tend son doigt vers Actéon qui tente de s’enfuir. Mais Diane, par sa rapidité, parviendra à se venger en lui jetant un sort afin qu’il se transforme en cerf. Cette scène se déroule dans un antre parsemé d’arbres, elle semble peinte depuis l’entrée d’une grotte. Les silhouettes des rochers semblent prendre celles des femmes : le rocher du centre représentant Diane, l’arbre du premier plan, celles des trois nymphes voulant recouvrir Diane, le rocher d’arrière plan les trois nymphes qui essaient de se cacher, l’arbuste celle de la femme assise derrière la déesse.
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Hic dea siluarum uenatu fessa solebat virgineos artus liquido perfundere rore. Quo postquam subiit, nympharum tradidit uni armigerae iaculum pharetramque arcusque retentos.
La représentation de Diane est fréquente dans la peinture française du XVIIIème siècle. Avec François BOUCHER, la chasseresse abandonne son caractère farouche et volontaire. On reconnaît la déesse à ses attributs traditionnels : elle porte dans les cheveux un croissant d’or rappelant son lien avec la Lune, et a posé près d’elle un carquois et le gibier récemment abattu. Mais elle réunit avant tout les traits singuliers de la beauté à la mode sous le règne de Louis XV, teint laiteux, visage petit et potelé, corps généreux en courbes. Sa condition virginale éloigne d’elle toute malice et c’est avec franchise qu’ elle ignore la pudeur et laisse voir sa nudité, comme une novice dans la carrière galante. BOUCHER s’intéresse surtout à la relation établie entre le corps humain et la nature. Au bleu intense des draperies répondent en effet la fraîcheur rosée des chairs et le vert subtil du paysage. Le traitement du nu féminin est ici particulièrement délicat, le modelé du corps étant d’une grande sensualité, construit entièrement à partir de la lumière provenant de la gauche du tableau. Source : www.louvre.edu/
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