La divinisation des fleuves

 

La source du Clitumne

 

Vidistine aliquando Clitumnum fontem? Si nondum (et puto nondum; alioqui narrasses mihi), uide, quem ego (paenitet tarditatis) proxime uidi.

Ripae fraxino multa, multa populo uestiuntur, quas perspicuus amnis uelut mersas uiridi imagine adnumerat. Rogor aquae certauerit niuibus, nec color cedit. Adiacet templum priscum et religiosum; stat Clitumnum ipse amictus praetexta; praesens numen atque etiam fatidicum indicant sortes. Sparsa sunt circa sacella complura totidemque di. Sua cuique ueneratio, suum nomen, quibusdam uero etiam fontes, nam praeter illum quasi parentem ceterorum sunt minores capite discreti; sed flumini miscentur, quod ponte transmittitur. Is terminus sacri profanique. In superiore parte nauigare tantum, infra etiam natare concessum. Balineum Hispellates, quibus illum locum diuus Augustus dono dedit, publice praebent, praebent et hospitium. Nec desunt uillae, quae secutae fluminis amoenitatem margini insistunt. In summa nihil erit, ex quo non capias uoluptatem. Nam studebis quoque et leges multa multorum omnibus columnis, omnibus parietibus inscripta, quibus fons ille deusque celebratur. Plura laudabis, non nulla ridebis; quamquam tu uero, quae tua humanitas, nulla ridebis. Vale.

 

Traduction
 

N'as-tu jamais vu un jour la source du Clitumne? Si tu ne l'as pas encore vue (et je pense que c'est le cas; autrement tu me l'aurais raconté), va la voir, pour moi je l'ai vue récemment (et je regrette d'avoir tardé à le faire). Les rives sont couvertes de beaucoup de frênes et de beaucoup de peupliers, dont la rivière transparente reproduit l'image verte comme s'ils y étaient plongés. La fraîcheur de l'eau rivaliserait avec la neige, et son éclat ne lui cède pas. Un temple très ancien et respecté était situé tout près. Le Clitumne s'y tient en personne drapé et orné de la prétexte. La divinité est présente et les tablettes des sorts montrent qu'elle a un pouvoir oraculaire. Tout autour sont disséminées plusieurs chapelles avec autant de dieux. Chacun a son culte, son nom, quant à certains, ils ont même leur source, car en plus de celle qui est pour ainsi dire la mère des autres, on en voit de plus petites, distinctes au départ; mais elles se mélangent à la rivière, que l'on traverse sur un pont. Il limite le sacré et le profane. Dans la partie supérieure on peut seulement naviguer, en dessous, il est aussi permis de nager.

Les Hispellates, auxquels le grand Auguste fit don de ce lieu, offrent des bains publics et l'hospitalité. Il ne manque pas de villas qui, attirées par l'agrément de la rivière, s'installent sur les bords. Dans la place la plus haute, il n'y aura rien qui ne te donne du plaisir. Car tu étudieras aussi et tu liras toutes les inscriptions sur tous les murs et toutes les colonnes, qui célèbrent le dieu et cette source. Tu en apprécieras plusieurs, quelques-unes te feront rire, mais avec ta politesse, tu ne riras d'aucune. Adieu.

PLINE LE JEUNE Lettres VIII, VIII (L'eau et le sacre)

 

Portunus

 

vue arrière droite

 

vue avant droite

 

vue avant gauche

 

vue avant droite

 

Vue aérienne

 

Portunus : cette divinité romaine était le protecteur des navigateurs et des rades et ports mais il présidait aussi aux portes et passages. Il était essentiellement honoré à Rome dans son temple sur le Forum Boarium assimilé au dieu Tibre.                                                                                   (images : http://www.unicaen.fr/rome/video/boarium/module21/portunus/portunus.htm et http://www.unicaen.fr/rome/geographique/v_portunus.html).

 

Neptune

 

Il est le dieu de la mer et peut provoquer les tremblements de terre. Il était en fait, à l’origine, la divinité de l’humidité et de l’eau douce chez les romains ; mais comme on l’assimila vite à Poséidon, il en adopta les attributs et les caractères. On le trouve représenté ,comme les autres dieux-fleuves, tel un vieillard nu avec une longue barbe, de longs cheveux et allongé sur le sol.

 

Poséidon (ou Neptune) en compagnie d’Amphitrite.

 

 

 

Neptune et Amphitrite

 

Océan

 

Mosaïque du dieu Océan

 

 

 

Musée de Sousse (Tunisie) début du IIè siècle

La tête du dieu apparaît au fond d'une mer poissonneuse. La chevelure est hérissée de pattes de crustacés et d'algues. Des filets d'eau sortent de ses yeux et de ses lèvres. L'artiste y a disposé une harmonieuse gamme de verts et de roses.

Sur de nombreuses mosaïques, le dieu Océan apparaît avec des traits sévères et un regard courroucé.

- Musée de Bardo, Tunis (dans le Triomphe de Neptune et Amphitrite).

- Mosaïque de Maubourguet (Hautes-Pyrénées)

Référence: voir Balmelle - Dousseau La mosaïque à l'Océan

Gallia; 1982 (Tome 40)

 

Juturne

 

Cette divinité était d'abord une source près du fleuve Numicius, près de Lavinium, à Rome. On lui avait consacré un bassin sur le Forum, devant le temple de Castor et Pollux. Elle avait un temple au champ de Mars érigé par Lutatius Catullus. Juturne était le plus souvent honorée à Rome et comme beaucoup de sources, elle passait pour donner la guérison aux malades.

 

Les fêtes en l'honneur de ces divinités

 

Bien sûr, les Romains étaient soucieux d’honorer leurs nombreuses divinités et en particulier celles des eaux, comme Fons, Juturne, …

Voici quelques principales fêtes :

les FONTINALIA : c’est le jour où les Romains célébraient le retour de l’eau dans les sources et les fleuves au début

de l’automne, le 13 octobre. Ils jetaient des couronnes dans les sources et en déposaient sur les puits.

les JUTURNALIA : jour (le 11 janvier) où la déesse Juturne était honorée par tous ceux que leur métier liait à l’eau.

les NEPTUNALIA : en l’honneur de Neptune pour qu’il protège les sources de la sécheresse (le 23juillet)

les PORTUNALIA : célébration de Portunus, protecteur des navigateurs (le 17 août)

Associée à ces fêtes, on trouve aussi les Volcanalia (le 23 août) où, pour éloigner le feu des cultures et des récoltes, on jetait dans le feu des petits poissons vivants.