b) Persée et Andromède

 

1/-Le mythe de Persée

2/- Naissance du corail 

 

1/-Le mythe de Persée

Le roi d'Argos, Acrisios, a une fille du nom de Danaé. Un jour, un oracle annonce que Danaé aura un fils qui tuera son grand-père. Terrorisé, Acrisios enferme sa fille, sous bonne garde, dans une chambre souterraine, afin qu'elle ne tombe jamais enceinte. Mais, Zeus, charmé par la beauté de la jeune fille, s'unit avec elle sous la forme d'une pluie d'or. Cette union donne naissance à Persée. Acrisios, qui se croyait hors de danger, entend les pleurs de l'enfant. Il emmène alors sa fille et son bébé, les enferme dans un coffre et les jette à la mer.

Miraculeusement sauvés, ils échouent sur l'île de Sériphos. Plus tard le roi de l'île, Polydectès, amoureux de Danaé et voulant se débarrasser de ce fils encombrant, en trouve l'occasion lors d'un banquet: tous les invités ayant apporté des présents à leur roi, le roi fait remarquer à Persée, qu'il est arrivé les mains vides; ce dernier, à moitié saoul, déclare qu'il rapportera en guise de cadeau la tête de la Gorgone Méduse; lorsque Polydectès entend ceci , il se réjouit, persuadé que Persée ne reviendra pas vivant de son expédition; en effet Méduse et ses soeurs gorgones sont des monstres au visage si hideux, que quiconque les regarde est transformé en pierre.

Persée, bien que très ennuyé, tient sa promesse et part donc à la recherche du monstre. Après de nombreux jours de marche, il rencontre Hermès, le dieu aux chaussures ailées. Celui-ci lui dit que les seules personnes à connaître le repère des Gorgones sont les trois Grées. Persée se rend donc auprès des Grées. Celles-ci ne possèdent qu'un seul œil et une dent unique pour toutes les trois qu'elles se passent à tour de rôle. Persée profite d'un passage pour voler l'œil et promet de leur rendre que si elles le renseignent sur l'endroit où se cache les Gorgones. Les trois soeurs grognent un peu, mais finissent par répondre à la question. Persée se remet en route; mais, alors qu'il est presque arrivé chez les Gorgones, Athéna lui apparaît. Elle lui remet des armes magiques qui l'aideront à vaincre le monstre: une épée invincible, des bottes ailées, un sac qui prend la dimension de ce qu'on y met, un casque qui rend invisible et un bouclier tellement poli que l'on peut voir son reflet dedans.

Par chance les trois horreurs dormant, lorsque Persée les aperçoit. Athéna lui désigne Méduse. Chaussé de ses bottes, Persée vole au-dessus d'elle, en la regardant par l'intermédiaire de son bouclier-miroir. Invisible, il parvient à lui trancher le cou, et à prendre sa tête, qu'il fourre dans son sac.

Sur le chemin du retour, il passe par l'Ethiopie où il découvre, attachée à un rocher, une jeune fille du nom d'Andromède, que ses parents avaient été contraints, pour apaiser la colère de Poséidon, de livrer à un monstre marin qui s'apprête à la dévorer. Persée se fait promettre la main de la jeune fille et, grâce à ses armes magiques, tue le monstre et épouse Andromède.

De retour à Sériphos, il trouve sa mère persécutée par Polydectès; dont elle repousse les avances. Il brandit la tête de Méduse devant le roi et ses amis, qui se changent immédiatement en statues de pierre.

Pendant ce temps-là, Acrisios s'est enfui à Larissa et lors de jeux funèbres, il se fait tuer accidentellement par un jeune lanceur de disque. Et devinait qui est le lanceur? Persée, bien évidemment.

 

2/- Les mythes de l’eau :

 

Persée et Andromède

 

Après avoir tué Méduse, Persée en survolant l’Ethiopie grâce à ses sandales ailées aperçoit Andromède attachée à un rocher. En effet, sa mère Cassiope, reine d’Ethiopie, s’était vantée d’être plus belle que les Néréides. Un monstre marin avait alors été envoyé et Andromède lui avait été livrée en sacrifice. Persée vint alors à son secours et la délivra. Dans ce passage des Métamorphoses, Ovide explique la transformation des éléments végétaux en pierre et la nature des coraux par le pouvoir pétrifiant de Méduse.

 

Texte Latin

 

735    litora cum plausu clamor superasque deorum

         inplevere domos: gaudent generumque salutant

         auxiliumque domus servatoremque fatentur

         Cassiope Cepheusque pater; resoluta catenis

         incedit virgo, pretiumque et causa laboris.

740    ipse manus hausta victrices abluit unda,

         anguiferumque caput dura ne laedat harena,

         mollit humum foliis natasque sub aequore virgas

         sternit et inponit Phorcynidos ora Medusae.

         virga recens bibulaque etiamnum viva medulla

745    vim rapuit monstri tactuque induruit huius

         percepitque novum ramis et fronde rigorem.

         at pelagi nymphae factum mirabile temptant

         pluribus in virgis et idem contingere gaudent

         seminaque ex illis iterant iactata per undas:

750    nunc quoque curaliis eadem natura remansit,

         duritiam tacto capiant ut ab aere quodque

         vimen in aequore erat, fiat super aequora saxum.

Présence sur : http://www.gmu.edu/departments/fld/CLASSICS/ovid.met.html

Livre IV des Métamorphoses d’Ovide (vers 735 à 753)

 

Traduction

 

Acclamation et applaudissement emplirent le rivage et les demeures célestes des dieux ; Cassiope et Céphée, le père d’Andromède, se réjouissent, saluent le gendre et le déclarent le sauveur et l'aide de leur maison. Libérée de ses chaînes, la jeune fille, récompense et cause de cet exploit, s’avance. Persée, lui-même, lava ses mains victorieuses d'eau puisée et, afin que le sable dur ne blesse la tête couronnée de serpents, il assouplit le sol, répandit quelques brindilles nées sous les eaux et y déposa la tête de Méduse, fille de Phorcys. La petite branche récemment coupée et dans laquelle une moelle spongieuse entretenait encore la vie retrouva sa force, se durcit au contact du monstre et ressentit sur ses rameaux et ses feuilles une rigidité alors inconnue. Cependant, les nymphes marines tentent sur plusieurs branches de renouveler cet exploit merveilleux et se réjouissent d’atteindre ce but. Aujourd’hui encore, les coraux ont conservé la même nature à tel point que les semences jetées par les nymphes dans les eaux se durcissent au contact de l’air et que, ce qui était dans la mer une petite branche flexible devient une pierre lorsqu’elle en sort.

 

Commentaire

 

 Une fois sur le rivage, le héros Persée qui a vaincu le monstre est considéré comme un sauveur (auxilium domus servatoremque) et est acclamé par tout le peuple d’Ethiopie (cum plausu clamor). Bien qu’il ait pris le soin de poser la tête de Méduse sur un lit de feuilles afin que son pouvoir ne soit dangereux pour personne, le regard de Méduse agit bientôt sur les végétaux alentour, les changeant en pierre. Ainsi Ovide rend le pouvoir de la Gorgone éternel même après sa mort.

Ovide en profite également pour donner une signification à l’origine de la nature du corail, tout comme il était de coutume à l’Antiquité d’expliquer par la mythologie les différents phénomènes scientifiquement incompris à l’époque. Cet " animal-fleur ", considéré comme végétal, à cette période, est ainsi soumis au pouvoir de Méduse par Ovide pour expliquer sa propriété de se durcir à l’air, d’une façon poétique et naïve.

Le mythe de "Persée et Andromède" est d'origine grecque. Comme dans de nombreuses autres légendes, on retrouve un monstre que le héros devra combattre pour pouvoir obtenir la main de la jeune fille en danger.

Ici, il s'agit d'un monstre marin envoyé par Poséidon pour se venger d'un affront que la mère d'Andromède lui avait fait: elle s'était vantée d'être plus belle que les Néréides, et Neptune, en colère, avait envoyé un monstre ravager les rivages d'Ethiopie. Pour s'en débarrasser, le roi et sa femme devaient donner leur fille en sacrifice.

Le héros est bien entendu aidé dans sa tâche par différentes divinités. Persée a donc reçu des dieux des armes magiques et des accessoires qui lui permettent de voler, d'être invisible, etc.