a) - Virgile : le palais des eaux

 

 

Traduction des Géorgiques IV de Virgile

 

Et maintenant, il avançait admirant le palais de sa mère, son royaume humide, les nappes souterraines retenues dans les cavernes, les bois résonnants, et il contemplait, ébloui par l'immense mouvement des eaux, tous les fleuves qui coulaient sous la vaste terre en des lieux différents : le Phase, le Lycus et la source d'où le profond Enipée s'élançait, ensuite l'Hypanis qui coule avec bruit se jette dans son lit rocheux, le Caïque de Mysie d'où sort le sage Tibre, l'Anio et l'Eridan qui porte deux cornes dorées sur sa tête de taureau, aucun autre fleuve ne coule plus violemment à travers les cultures riches vers la mer pourpre .Une fois qu'il fut parvenu dans la chambre de pierre ponce et après que Cyrénée eut connu les larmes inutiles de son fils, les nymphes sœurs offrent pour les mains de l'eau limpide ; à tour de rôle, elles tendent des étoffes dont les poils ont été rasés, les unes chargent les tables de mets et les autres déposent des coupes pleines ; les autels brûlent à cause des feux de Panchaïe. Et la mère dit : " Prends cette coupe à anses de Bacchus Méonien et faisons une libation à Océan ."

Traduction de Cécile, Charline et Marie-Camille en 2nde1

 

Quel est l’intérêt poétique de ce passage ?

 

Description du palais :

· palais merveilleux

C’est un palais merveilleux, un palais de cristal, qui retient dans sa caverne aux bois retentissants de nombreux fleuves. Aristée, le berger, est émerveillé " mirans ", " spectabat " et " stupefactus " par ce palais. Cette idée de palais est renforcée par les nombreux services accomplis par les néréides : " germanae tonsisque ferunt mantelia vuilis pars epulis onerant mensas et plena reponunt pocula " .

· palais habité par les dieux

Ce palais est habité par le dieu Protée et par Cyréné. Cyréné est la médiatrice des mortels entre les dieux. Elle a des pouvoirs sur les eaux : " iubet discedere late flumina ". Grâce à sa connaissance des rites, elle semble communiquer avec la prière de son fils. Cette idée exprimée dans le texte par des verbes à la première personne du pluriel " libemus ".

La magie des eaux :

· la vitalité

Les fleuves, se trouvant dans cette caverne, possèdent une énergie impressionnante " ingenti motu stupefactus aquarum ". L’accumulation des fleuves, nous montre bien cette immensité de l’énergie hydrographique, avec l’Eridan qui est le plus violent " violentior ".

· l’apport de la fertilité

Ces fleuves sont les réservoirs du monde. Ils assurent la fertilité de la terre. Dans le texte, l’Eridan (le Pô) traverse les grasses cultures " pinguia cultura ".

Commentaire personnel :

En étudiant ce texte, nous avons eu l’impression d’être dans les grottes de la côte Amalfitaine ( golfe de Naples), où les courants souterrains s’étalent en nappes miroitantes. Les concrétions, dentelles des grottes, forment la beauté de ce palais de cristal.